Dans une société transformée par les nouvelles technologies et l’augmentation du poids politique des villes, les écosystèmes représentés par les industries créatives constituent une opportunité de marché pour l’innovation suisse. Et si la Suisse misait sur l’exportation de ce talent?
Les nouvelles technologies ont redéfini notre rapport à l’espace, aux frontières, à notre façon de travailler et d’échanger. Des groupes de créatifs se forment de manière organique, au détour d’un atelier. Ils évoluent dans le no man’s land entre ingénierie, design et services, travaillant en réseaux locaux et globaux. La Suisse n’échappe pas au développement des industries créatives. Quel potentiel représentent-elles en termes d’innovation et de retombées économiques? Les industries créatives seraient-elles les nouvelles ambassadrices dont notre pays a besoin?
Industries créatives, késako?
Le gouvernement britannique, pionnier dans ce domaine, définit les industries créatives comme ‘those industries that are based on individual creativity, skill and talent with the potential to create wealth and jobs through developing intellectual property’ – incluant 13 secteurs parmi lesquels l’architecture, le design de mode et les softwares. Cette définition a été reprise et élargie par l’UNCTAD, qui lui a ajouté une perspective sociétale notant l’impact que cette interface entre la créativité, la culture, l’économie et la technologie peut avoir en termes de création d’emplois, de richesse, d’exportation et de capital intellectuel.
Pour ce qui est de la Suisse, les cantons et villes de Zurich et de Bâle sont les seuls à avoir vraiment abordé la question. Dans un souci de diversification économique, la première promeut les industries créatives (7 secteurs et marchés principaux) depuis le milieu des années 2000, tandis que Bâle a lancé le projet pilote IKB fin 2009.
Approche interdépartementale et transversale
Notre sujet se situe dans la zone grise existant entre la promotion économique, la promotion de la recherche et de l’innovation, et la diplomatie. La présence de cette dernière n’est pas anodine. En effet, elle a tout à gagner à élargir ses efforts dans ses aspects ‘soft’ comme la diplomatie ‘scientifique’ et ‘culturelle’. Il s’agit ici de penser de manière interdépartementale, voire même de manière transversale, le rôle des villes ayant gagné en importance mais devant travailler avec les cantons et la Confédération en même temps. Deux axes principaux méritent d’être poursuivis :
- celui de la promotion de la recherche et de l’innovation, qui s’inscrirait dans une perspective de diplomatie scientifique ;
- celui de la promotion économique, au sens large du terme mêlant import, export et promotion des investissements étrangers.